•  

    Les noces clandestines de Claire-Lise Marguier

    « La séquestration n'avait pas été préméditée. Tout au moins au début. Pour dire vrai, tout ce qui m'y a conduit est un enchaînement de hasards ; quand vous auriez cru à ma volonté de nuire ou à une part de perversité, vous vous seriez fourvoyés.
    Je n'ai aucunement l'intention de vous détromper. Mais je peux vous raconter. »

    Claire-Lise Marguier. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand chose. Mais si je parle de « Le faire ou mourir » je suis sûre que certains d'entre vous connaissent ce roman. Eh bien la demoiselle, forte de son premier essai, persiste et signe ici un second roman étonnant. 

    Ai-je aimé Les noces clandestines ? Oui. Es-ce que je le recommande ? Je ne sais pas. 

    Je pourrais dire que l'écriture est sublime, que l'histoire est intelligente, ou encore que la narration est efficace. Mais en réalité, ce que j'ai retenu c'est que ce récit est déroutant, dérangeant même.

    C'est un huis clos troublant. Un homme insoupçonnable, prof d'histoire décide à la mort de sa mère de partir à la recherche d'une « âme pure » et de l'enfermer dans la chambre qu'il cache à la cave. Cette âme pure, il la trouve lorsqu'il rencontre Joël un jeune SDF aux cheveux d'or. Les premiers temps sont hésitants et chacun apprivoise l'autre. Une routine s'installe et petit à petit les choses évoluent entre eux. Celui qui mène la danse n'est pas celui qu'on croit.

    C'est un récit poignant et déroutant, j'ai été captivée de la première à la dernière ligne. J'ai été tiraillée par les sentiments que l'auteur faisait naître chez moi. Au départ, la révolte puis la peur et l'angoisse. Et cette culpabilité qui m’étreint pendant toute ma lecture. Culpabilité de trouver cette relation belle alors qu'elle est immorale. Cette relation qui évolue et change et dont j'ai été la spectatrice avide.

    Bien loin de « Le faire ou mourir », « Les noces clandestines » possède pourtant la même âme. C'est le genre de récit qui ne laisse pas indemne, qui nous reste en tête et dans le cœur.

    Pin It

    votre commentaire
  • La Voie du Sang

    Avec le réveil de mon loup, ma vie s’est considérablement compliquée, mais comme cette saleté de bestiole m’avait également apporté une famille, j’étais prête à passer l’éponge. Pendant un temps, j’ai cru pouvoir affronter les coups du sort, même ceux que je devais à des instances supérieures très mystérieuses. Et puis, soudain, tout a de nouveau volé en éclats. Cette fois, je ne suis pas d’humeur à fuir, plutôt à courir au-devant des ennuis. Mais voilà, je dois aussi composer avec quantité de fils et filles de dieux qui ont tous un point commun, celui de vouloir croquer un bout de ma personne. Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, avoir quelques-uns de leurs patrons de son côté n’aide pas à faire des miracles. Pour sauver ma famille, ma meute, je ne vais pas hésiter à me salir les mains, quitte à ouvrir la voie du sang, et ainsi attirer l’attention du mauvais dieu…

    Attention cette chronique contient des SPOILERS sur le tome 1 !

    On retrouve Anya après la perte de son père, alors qu'elle venait juste de le retrouver, et c'est difficile à gérer pour elle. Elle cache sa peine derrière un besoin de vengeance, elle se bat pour ne pas sombrer. Elle oscille entre cette vengeance amère et le besoin de rester attachée à la famille de Richard. Elle doit prendre des décisions difficiles, mais elle est prête à se sacrifier. Anya tend vers ce côté sombre de la colère, celui où l'on s'oublie, mais aussi où l'on se perd. Elle reste tout de même attachante et elle ne verse jamais dans les jérémiades.

    Le gros point positif du roman, c'est cette empreinte mystique qui se ressent tout du long. Les dieux égyptiens sont plus présents, et on se demande où tout ça va nous mener. Ce tome est plein d'action, il n'y a pas de temps mort. Impossible de s'ennuyer. La meute est mise à mal, Anya va tout faire pour les aider, mais son passé va ressurgir et la déstabiliser.

    L'écriture, elle, est toujours aussi captivante et addictive. L'auteure nous offre des scènes de toute beauté (notamment une avec Kyle m'a laissée toute chose) et d'autres très violentes. Rien n'est ce à quoi on s'attendait, et ce pour notre plus grand plaisir.

    Les personnages font le cœur du roman et ils évoluent beaucoup dans ce tome.

    C'est toute la meute de Richard qui pleure sa perte. D'abord Mathis, il est d'ailleurs moins présent que précédemment, mais il est toujours aussi important pour l'héroïne. Il a perdu son innocence et sa joie de vivre, il prend d'ailleurs des responsabilités trop grandes pour ses épaules. J'ai eu envie de lui faire un gros câlin pour le réconforter. Mon chouchou est donc malmené, mais le rapprochement avec un autre personnage m'a mis du baume au cœur.

    Kyle revit les cauchemars de son passé et rejette tous ceux qui s'approchent de lui. J'ai aimé le retrouver, il semble moins borné et avance doucement. Il accepte petit à petit les liens qui l'attachent aux autres. J'ai d'ailleurs été très surprise de découvrir la nature de sa relation avec Connor. Cette dernière nous permet de découvrir une facette de sa personnalité qu'on n'aurait jamais soupçonnée.

    Aidan est fidèle à lui-même, toujours aussi suffisant et sûr de lui. Il ne doute jamais et n'hésite pas à manipuler son entourage pour obtenir ce qu'il convoite. J'ai, par contre, été touchée par sa relation avec Morgane, la jeune fille d'Isis. J'adore cette adolescente querelleuse au cœur d'or.

    On découvre l'antre de Kir, le créateur d'Aidan. J'ai été surprise de ce que j'y ai découvert, l'auteure a une imagination débordante, et j'adore ça ! Le vieux vampire sulfureux est loin de dévoiler ses cartes, il prend plaisir à jouer avec Anya et avec Aidan par ricochet.

    De nouveaux personnages font leur apparition. J'avoue que j'ai un groooos faible pour Göran, le vampire botaniste. La prêtresse des filles d'Isis est une Yoga au féminin (et moins verte), j'ai beaucoup ri avec ce personnage. Elle apporte aussi un côté humain à Aidan.

    Une héroïne forte tête, des mâles sexy, une intrigue palpitante, de l'action... J. Arden nous offre une suite haute en couleur où la magie se dévoile, où les masques des dieux égyptiens et des hommes se fissurent. Ajouté à ça, un humour décapant regorgeant de références à la pop culture, de la noirceur, de la sensualité, de l'émotion, et vous obtenez une lecture addictive. Un coup de cœur qui aura pris mes nuits en otage !

    Sortie le 24 mars 2014

    Chronique tome 1 - Commande Amazon - Commande Rebelle éditions

    Les sentinelles de l'Ombre de J. Arden

     

    Pin It

    2 commentaires
  • Le dernier vampire de Jean VigneDésolation

    Question choix malvenus, j'en connais un rayon. Je pourrais vous parler de ce caillou tombé sur terre en juin 2067, et qui éradiqua une bonne partie de l'humanité. Plutôt une bonne chose. Je pourrais vous raconter mon aventure avec Laurence, une vampire rousse dont la beauté n'égale que la cruauté. Pas mal. Et pourquoi pas de Solange Lemère, biochimiste et initiatrice d'une hérésie : l'immortalité pour l'Homme. Là, ça se gâte. Et que dire de l'extinction de mes sœurs et frères vampires, empoisonnés par l'invention de Solange. De quoi me mettre les nerfs. De quoi me mettre en chasse. De quoi me retrouver dans une belle merde. Question choix malvenus, j'en connais un rayon et ce n'est qu'un début.

    Une fois l'histoire achevée, je n'arrivais pas à trouver ce qui n'allait pas. C'est un roman original et à l'écriture efficace, ce qui en fait une lecture agréable, mais il m'a indéniablement manqué quelque chose. Après réflexion, j'ai trouvé où se situait le problème : je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. Il y en a, pour moi, beaucoup trop. Certes, l'histoire se déroule sur une longue période, mais le fait de croiser beaucoup de personnages m'a empêchée de m'attacher à l'un d'eux. Seul le vampire, Jean Verger, m'a intéressée, même si j'ai été très déçue par son comportement à la fin. Je l'ai trouvé aveugle et naïf, alors qu'il apparaît beaucoup plus sauvage et dangereux au départ. Les femmes de l'histoire ne sont là que furtivement alors qu'elles apparaissent importantes, car les descendantes d'une même lignée vont changer l'humanité. J'aurais aimé en savoir plus sur elles, mais l'auteur ne fait que les esquisser.

    La première partie du roman m'a immédiatement captivée. On découvre notre monde aux prises avec un astéroïde qui menace notre planète. Le côté fin du monde est toujours un sujet que j'affectionne et voir comment pourrait réagir la population me fascine. J'ai lu d'une traite cette partie, de la découverte de l'astéroïde aux changements que cela engendre dans la vie des personnages. Malheureusement, la suite s’avère n'être qu'une nouvelle adaptation de l'humanité avec des biodômes, des pauvres et des riches, et ce quelque chose de plus qui va mettre à mal la survie des vampires. Alors que le récit aurait pu être vraiment prenant, je n'ai pas senti ce danger qu'encourait Jean, le vampire.

    Malgré tout, c'est une lecture agréable avec une écriture simple mais efficace. Le roman mélange les genres et l'auteur crée un univers intéressant. La fin laisse clairement une porte ouverte pour une suite.

     

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique